Quand Pivi, aujourd’hui fugitif, parlait de sa bravoure : sous Lansana Conté, « ce pays-là était sous mon contrôle pendant des semaines »

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Claude Pivi, alias Coplan, l’homme le plus recherché de la Guinée depuis le 04 novembre 2023, fait partie des onze accusés dans le dossier des événements tragiques du 28 septembre 2009 qui ont fait plus de 150 morts selon l’ONU. Il y a quelques mois, à la barre du tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, il a  parlé de son fils Verny présenté à tort ou à raison comme le chef du commando qui a attaqué la maison centrale de Coronthie et libéré des prisonniers VIP dont l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara qui sera vite retrouvé et ramené derrière les barreaux. Extraits…

Je suis parti jusque dans son palais, je lui [général Lansana Conté] ai donné les dossiers et il m’a demandé comment tu es rentré dans ce palais. J’ai dit non, j’ai trop de bagages sur moi, donc ça va me permettre de rentrer ici, voici le papier qu’il faut signer et il a signé. Cela fut fait et la libération des militaires guinéens en général et même le ravitaillement des militaires est rentré dans l’ordre mais sans un coup de feu.

« J’ai des enfants qui sont militaires…Mon fils Verny Pivi relevait du BATA mais il était chez le Général Sékouba », a-t-il déclaré. Avant de reconnaître que son fils a bel et bien été radié des effectifs des forces armées. « Ce sont ses camarades qui ont menti sur lui et il a été radié…C’est pour des faits de pillages qu’il a été radié », a ajouté celui qui fut pendant des années l’un des soldats guinéens les plus redoutés.
Le colonel Claude Pivi, qui vient d’être radié de l’armée pour inconduite et dont la tête est mise à prix pour 500 millions de francs guinéens [plus de 50 000 dollars us], était également revenu sur sa carrière militaire.
« J’ai une carrière militaire qui est bien remplie, parce que tous ceux qui sont là personne ne peut dire qu’il a fait la guerre dans la sous-région plus que moi. Moi, à mon très jeune âge,  j’ai fait les 3 fronts. J’ai  fait les guerres du Libéria, de la Sierra-Leone et de la Guinée-Bissau. Les officiers guinéens nous ont laissés là-bas, ils ont couru à pieds pour venir à Boké. Moi je suis resté là-bas avec le grade de sergent. Moi-même j’ai donné mon nom pour aller faire la guerre pour la libération de la Sierra Leone. Moi j’ai fait les 3 fronts, je connais l’arme, je ne blague pas avec l’arme. Et même dans ce pays où nous sommes aujourd’hui chacun a compris quand ça n’allait pas, au moment où il y a eu la révolte militaire, les militaires ont jugé nécessaire de me placer comme leur porte-parole. Ça c’est compte tenu de mon acte de bravoure que j’ai fait au Libéria et on a fait face aux généraux de feu Général Lansana Conté. On a tout fait ci, on a tourné à Conakry et chacun connaissait où on était. Ce pays-là était sous mon contrôle pendant quelques semaines mais je n’ai pas fait de mal à quelqu’un. Même un seul garde du corps de la présidence, je n’ai pas tiré l’arme sur lui, mais eux ils ont tiré l’arme sur moi comme ils veulent. Mais ce que je voulais c’était les dossiers des militaires pour les donner au Président Lansana Conté et je les lui ai donnés. Je suis parti jusqu’à dans son palais, je lui ai donné et il m’a demandé comment tu es rentré dans ce palais. J’ai dit non, j’ai trop de bagages sur moi, donc ça va me permettre de rentrer ici, voici le papier qu’il faut signer et il a signé. Cela fut fait et la libération des militaires guinéens en général et même le ravitaillement des militaires est rentré dans l’ordre mais sans un coup de feu. D’ailleurs moi je ne touche pas à l’arme. Dans la guerre, quand je suis content je ne touche pas à l’arme, chacun le sait, chacun est témoin, l’armée guinéenne est témoin qui suis-je. Mais on se retrouve devant la barre aujourd’hui, c’est normal, on doit venir se justifier. Sinon, il y a combien de milliers de boutiques qui sont à Conakry que j’ai protégées. Vous pouvez faire des enquêtes. On s’est sacrifié la nuit. De 18h jusqu’à 6h du matin j’étais sur pied à Conakry. Tout ça c’est maintenir la sécurité… », avait déclaré Claude Pivi à la barre du tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la cour d’appel de Conakry.
Yaya Barry

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