Aïd el-Fitr à la mosquée M6 d’Entag : « nous avons des lieux de débauche partout, des endroits où l’on désobéit à Allah” (imam)
La communauté musulmane de Guinée, à l’instar de ses coreligionnaires du monde entier, a célébré la fête de l’Aïd el-Fitr ce dimanche 30 mars 2025.
À la mosquée Mohamed VI (M6) d’Entag Marché, située dans la commune de Tombolia, c’est l’imam Cheikh Abdoul Chérif qui a dirigé la prière. Il a axé son sermon sur l’unité nationale, les bonnes pratiques à adopter après le mois saint et le rôle de la jeunesse dans la société.
Concernant le premier point, le religieux a souligné que le développement d’une nation passe nécessairement par le dialogue et la cohésion entre les fils et filles de cette nation : « Louange au Tout-Puissant Allah qui nous a donné l’occasion de vivre ce jour et qui nous a aidés à prononcer ce sermon, qui porte essentiellement sur le dialogue social. La nécessité du dialogue social entre les différentes couches de notre société est primordiale. Quand le dialogue est rompu, tout est pratiquement paralysé, il n’y a pas de développement possible. Il est impératif d’échanger des idées. La Guinée est composée de diverses couches sociales, avec des professions variées : des politiciens, des médecins, des enseignants, des ouvriers, des militaires… Tous ces groupes forment une entité au sein de notre grande population. Si mes besoins ne correspondent pas aux vôtres, il est essentiel de nous asseoir ensemble pour unifier nos idées et mener des analyses fondées sur la logique. Si je ne considère que mon point de vue, sans laisser de place à celui d’autrui, nous ne parviendrons jamais à une entente nationale. Or, l’entente nationale est notre voie vers le développement et la cohésion sociale », a insisté l’imam.
Nombreux sont ceux qui, après le mois de Ramadan, transgressent les lois islamiques, après avoir observé un mois de jeûne. Ces pratiques diminuent, voire annulent, tous les bienfaits acquis par le croyant. Cheikh Abdoul Chérif s’appuie sur les versets coraniques pour attirer l’attention sur ces comportements prohibés : « L’islam n’interdit pas la joie, mais il la cadre. Se livrer à la dépravation, porter atteinte aux mœurs, ne pas respecter les coutumes, voilà qui est inacceptable. Nous sortons d’un mois de pénitence où nos péchés sont censés avoir été entièrement effacés. Pourquoi se permettre de contracter de nouveaux péchés ? Ce serait déplorable. Dans ces concerts, il y a certes un aspect positif, mais l’aspect négatif est prédominant. On s’y rend mal habillé, sans respect pour les coutumes, on y consomme de l’alcool et de la drogue, on s’y exhibe nu. Ce sont des lieux indignes d’une personne qui se respecte. L’islam a honoré l’homme, l’homme doit se respecter, sinon il est condamné par la loi islamique », a-t-il prêché.
Selon le religieux, la jeunesse a joué un rôle central dans la propagation de l’islam. Mais à l’heure actuelle, l’espoir s’amenuise. Il est donc temps de remédier à cette situation à tous les niveaux : « La jeunesse est l’avenir de ce pays. Si la jeunesse est perdue, notre avenir est compromis. Allah le Tout-Puissant a dit à propos des jeunes de la caverne : si la jeunesse se donne la main, l’islam est porté haut par la jeunesse. Les anciens les guidaient par leurs conseils avisés, mais l’exécution, avec la force et l’endurance, revenait aux jeunes. Et ils ont porté haut l’étendard de l’islam. C’est ce que nous attendons de notre jeunesse. Mais l’espoir est mince, car nous les voyons se livrer à la drogue, à la paresse et à d’autres vices qui entravent notre progrès. Nous avons des lieux de débauche partout, des endroits où l’on désobéit à Allah. Cela déshonore notre société. Nous ne pouvons pas imputer toutes ces erreurs au gouvernement. Nous, pères de famille, avons aussi notre part de responsabilité. Car ils sortent de chez nous pour se rendre dans ces lieux. Parfois, ce sont même leurs parents qui financent leur vagabondage. C’est inacceptable », a conseillé l’imam.
Saidou Lébêré
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