Vie de galère des étudiants de l’université de Kindia : “nous avons des codes de manger 101, 100 et 001” (reportage)

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C’est une vie très dure que traversent les étudiants de l’Université de Kindia en cette période de crise. Logés dans des  cités à quelques kilomètres de ladite institution universitaire, ces futurs cadres du pays tirent le diable par la queue.

Mardi, 27 février 2023, notre correspondant regional basé à Kindia avait fait immersion dans ces différentes concessions pendant la grève générale illimitée déclenchée par le mouvement syndical guinéen.
Ces étudiants rencontrés exposent sans retenue les difficultés auxquelles ils font face.
Ils sont des milliers d‘étudiants venus d‘horizons différents qui sont à la quête du savoir  à l’Université de Kindia(UK),  située à 135 kilomètres de la capitale guinéenne.
Aboubacar Sidiki Taboura se trouvant dans la cité appelée Charlotte a déjà acquis quelques expériences concernant le mode de vie des étudiants. Malgré la crise qui mine le pays, il arrive à s’en sortir.

« Cette crise a affecté tous les secteurs en Guinée, surtout nous les étudiants de l’université de Kindia. Concernant le transport, quitter chez moi à l’université, c’était quelque chose de 2000 à 3000 francs guinéens mais quand la crise est venue, les choses ont automatiquement changé et le transport a augmenté à 5000 francs, tu veux ou pas, c’est ça et ce n’est même pas à discuter. Soit tu marches, tu fais quelques 20 minutes de trajet.  Tu veux aller en ville, c’est 20.000fg. Donc c’est catastrophique pour nous, on s’en sort par la grâce de Dieu. Ce n’est pas du tout facile, comme c’est la première année, on connaît  déjà comment survivre, c’est la première année qui était difficile mais après deux ans, on sait maintenant comment se démerder pour survivre ici », nous a expliqué cet étudiant en provenance de la capitale Conakry.
Ibrahima Bella Diallo fait aussi sa troisième année au département linguistique. Trouvé à la devanture de la cité Sheraton cet étudiant très habitué à cette vie de galère donne quelques détails liés au  code d‘alimentation.

« Les conditions de vie ici ne sont pas favorables,  la liste elle très longue. Etant étudiant, tu ne peux pas faire d‘autres activités pour avoir de l’argent,  c’est que tu n’auras pas une issue favorable c’est à dire tu ne peux trouver les deux à la fois. C’est que ce fardeau revient à la famille, c’est à elle de faire tout et il peut y avoir des moments où la famille même ne peut résoudre nos problèmes, dû à un manque de moyens. Ici pour avoir le déjeuner c’est très difficile. Ici nous avons des codes de manger connus de tous. Il peut y avoir l’étudiant est confronté au code 101 c’est à dire, tu manges le matin et la nuit mais pas la journée ou encore le 100, tu manges le matin seulement.  Mais le plus souvent nous nous croisons ici avec le 001, un code qui est connu par tout le monde, pas de déjeuner, rien la journée sauf la nuit tu vas manger », explique-t-il.
Ces étudiants loin de leurs villes respectives comptent uniquement sur l’apport de leurs parents. Seulement dans les ménages,  l’inquiétude est grande et le pays se trouve dans une crise qui ne dit pas son nom. Mamadou Saliou Bah fait la troisième année au départ lettres modernes et il est le président du foyer,  la  cité Sheraton.

« Les conditions de vie ici ne sont pas favorables, en tant qu’étudiants, nous vivons grâce à nos parents, c’est en fonction des efforts que fournissent nos parents, c’est à travers ça nous parvenons nous aussi du jour au lendemain à satisfaire nos différents besoins. Si nos parents qui nous viennent en aide se plaignent suite à cette crise que nous vivons actuellement  au pays, nous qui n’avons aucune activité génératrice de revenus, c’est compliqué.  On ne gagne que peu si nos parents gagnent et au retour ils partagent ce peu pour nous assister et assister nos frères qui sont en famille. Tout de même, on s’efforce pour sortir avec la tête haute parce que nous savons que nous sommes là pour un objectif. », a-t-il ajouté avant de  donner des détails sur le prix du loyer en ces termes: « pour ce qui est du prix des loyers, ça dépend des concessionnaires puisqu’il y a des concessionnaires qui exigent le payement de l’année intégrale avant d‘être en possession de la chambre. Il y a d‘autres aussi qui exigent le payement de la moitié del’année. Et le prix d‘une chambre en location varie entre 140 mille à 160 mille francs guinéens le mois. Nous ici par exemple nous payons ici l’équivalent de 160 mille par mois soit les 9 mois que nous avons payé intégralement. À cela s’ajoute le prix del’électricité, donc chaque fois qu’il y a facture c’est nous qui cotisons pour régler l’électricité. »
Les étudiantes surtout  les nouvelles venues  ne sont pas en marge de cette situation de crise à l’université de Kindia.
M’Mahawa Bangoura en provenance de la capitale Conakry est à sa première année. Pour elle, les difficultés sont énormes et les autorités de ce temple du savoir doivent revoir la fixation du prix du transport notamment celui du bus universitaire. Le pécule qu’ils perçoivent est aussi insuffisant.

« La vie ici ce n’est pas facile du tout parce que quand tu prends, se réveiller le matin, faire du dejeuner et partir à la fac, ce n’est pas du tout facile. Notre pécule là ne suffit même pas, chaque professeur qui vient, il veut que tu achètes sa brochure,  enlever le manger et le transport dans ça, une somme de300. 000 fg c’est très difficile. Et si tes parents ne sont pas en mesure de t’envoyer de l’argent,  tu seras obligés de faire des choses bizarres surtout si tu n’est pas consciente.  Les autorités doivent nous aider sur le transport de notre bus là. Tu payes 2 mille et on te laisse au bord de la route, tu es obligé encore d’emprunter une moto pour venir chez toi. C’est pour cela moi je ne suis jamais montée dans ce bus », a martelé M’Mahawa Bangouya étudiante en L1 Histoire.
Même réaction chez Kadiatou Dansoko, étudiante en licence 3 en provenance de Kamsar. Selon elle,  vu la conjoncture actuelle du pays, certaines étudiantes préfèrent suivre des étrangers voire  des personnes riches pour joindre les deux bouts.

« Aujourd’hui c’est à 11 heures je me suis levée parce que quand on n’a rien on préfère rester au lit mais vouloir se lever tôt tu n’as rien à manger c’est difficile. J’ai pas mes parents ici,  je viens de loin, si je n’appelle pas les parents pour prendre mes charges, je ne peux pas survivre.  Si on n’a pas quelque chose à trouver,  il y a d‘autres etudiantes qui sont obligées de faire du n’importe quoi. Elles reçoivent des étrangers chez elles juste pour avoir un peu. Mais pour moi Dieu merci, mes parents m’apportent un peu même si ce n’est pas à 100 pourcent mais je parviens quand même à survivre », dit-elle.
L’université de Kindia se trouve à 7 kilomètres du centre urbain. Elle ne dispose pas de dortoirs,  ce qui complique davantage la situation de ces étudiants.
Aboubacar Dramé, correspondant regional à Kindia 
+224 623 08 09 10

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