Procès du 28 septembre/Kalil Bah: « au sol et épuisé, un béret rouge est venu, m’a regardé et a dit : le chien est mort »

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Parmi les victimes qui se sont succédé le mardi 10 octobre à la barre du tribunal criminel de Dixinn, délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’Appel de Conakry, figure Ibrahima Kalil Bah, qui était au stade du 28 septembre dans la matinée du lundi 28 septembre 2009, où plus de 150 Guinéens ont perdu la vie, des femmes violées, et plusieurs dizaines de personnes battues et blessées par balle.
À sa prise de parole, M. Bah qui a vécu des scènes horribles a fait savoir qu’il a été battu par des bérets rouges avant de similer  sa propre mort pour sauver sa peau.
Selon ce témoin qui fait partie des gens qui ont prié sur la pelouse, ils ont trouvé le Colonel Tiegboro Camara sur place qui sensibilisait la foule et la foule à son tour  criait non Tiegboro nous sommes libres nous allons manifester, nous sommes libres, dit-il. « Environ 10 à 15 minutes comme ça c’est dans cette même foule que j’ai perdu de vue mon ami Mamadou Diallo. Les portes étant grandement ouvertes nous sommes rentrés à l’intérieur du stade. Une fois à la pelouse nous sommes mis à prier deux rakats. Après ça j’ai rejoint les leaders politiques à la tribune. Lorsque  feu Jean Marie Doré est rentré au stade, quelques minutes seulement les bérets rouges sont rentrés ils ont commencé à tirer à bout portant avec des balles réelles et les gens tombaient partout c’était la panique générale et je ne savais nulle part où aller, chacun cherchait où se sauver. C’est en ce moment que les gens qui ont reçu des balles sont tombés sur moi, c’est là où j’ai perdu conscience. Lorsque j’ai repris conscience, les bérets rouges ramassaient les corps qui étaient sur moi, ils m’ont pris étant mouillé de sang, ils m’ont demandé vous êtes blessé ? J’ai dit non, ils ont vérifié, ils m’ont amené à la pelouse, ils m’ont mis dans un groupe d’individus, ils ont dit de nous mettre à genoux et les mains en l’air » a-t-il expliqué au tribunal.
Ibrahima Kalil Bah de poursuivre:  « Quelques minutes seulement une personne a prononcé le nom de Dadis en disant Dadis, Dadis immédiatement les bérets rouges se sont retournés contre nous en disant que c’est Dadis qui vous a dit de venir ici et les bastonnades ont commencé. Ils nous ont bastonnés, ils sautaient et dansaient sur nous, ils nous frappaient avec leurs fusils. C’est là où j’ai perdu mes deux dents et c’est là j’ai eu l’entorse au dos. Après cette bastonnade ils nous ont regroupés une seconde fois ils ont dit de monter dans leur pick-up et j’ai décidé de mourir à la pelouse que d’être embarqué pour une destination inconnue. Immédiatement j’ai pris la fuite, les autres aussi ont suivi et les bérets rouges ont commencé j’ai grimpé les grillages qui entouraient la pelouse j’ai traversé le Sahara, j’ai sauté une fois pour m’accrocher au mur je n’ai pas pu, la deuxième fois j’ai pu m’accrocher au mur, une personne est venue s’accrocher à mon  cou et une balle est venu écraser sa tête. Lui, il est tombé à l’intérieur et moi je suis tombé à l’extérieur du mur. Étant au sol fatigué et épuisé j’ai aperçu un béret rouge qui venait vers moi, je le regardais. Immédiatement j’ai coupé ma respiration, il est venu il m’a regardé, il a dit le chien est mort, il a fui. Je me suis levé j’ai escaladé le mur du stade vers les rails je suis rentré dans le quartier  SIG Madina où je suis resté jusqu’à 21h ensuite j’ai rejoint mon domicile à Dixinn », racconte Ibrahima Kalil Bah.
Mamadou Yaya Barry 

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